“Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés. Ils ont été trop clairsemés, je crois le vent les a ôtés, l’amour est morte. Ce sont amis que vent emporte, et il ventait devant ma porte, les emporta.”
En 69 ans de vie, j’ai eu énormément d’amis, de copains et de connaissances, de collègues de travail (certains que je croyais être aussi des amis). L’amitié n’est pas un sentiment constant, elle s’use. L’éloignement, les aléas de l’existence, font des amis d’hier des étrangers aujourd’hui. Étaient-ce de vrais amis ? Oui, pour la plupart, quand on se fréquentait, on le croyait tous.
“Mais la vie sépare ceux qui s’aiment, tout doucement, sans faire de bruit.”
Certains même sont sans doute morts et je ne le sais pas, je ne le saurai jamais. Et quand je mourrai, ils ne le sauront pas plus.
“Tant d’histoires partagées, de coups de cœur échangés, d’amour et d’insulte. Pour ne pas s’apercevoir qu’on est dix ans sans se voir dans tout ce tumulte. Pour se retrouver adulte. Amis, amis, on n’a plus rien à se dire, on a fini par arriver. Amis, amis, doucement à devenir deux abrutis, deux étrangers.”
(contributions de Rutebeuf, Yves Montand et Julien Clair)
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